Adel Choi, un talent à suivre.
Rencontre avec la créatrice de La Fermata, dont les premières pièces devraient bientôt arriver en France, chez Mercer By Edith (juste en face du Bon Marché).
Pour qui sait garder l’œil ouvert après quelques kilomètres de déambulations au coude-à-coude, le feu Salon du Prêt-à-Porter restait une vraie caverne d’Ali-Baba – n’en déplaise aux exposants qui se plaignaient de la désaffection du public due aux vibrations des salons Who’s Next et Première Classe qui captent toute l’attention.
Perdu au milieu des robes choucroutantes, des rivières de strass pas toujours de bon goût, et à deux pas de la ribambelle de pompons écolo-bio-politiquementcorrect-maisassurémentmoche, se cachait cette année Adel Choi. Trente ans tout juste, un visage d’ange, souriante de plaisir à l’idée d’une interview express – la bouche cachée à deux mains, comme toute bonne Coréenne qui se respecte. Elle raconte sa formation de fashion designer à Kwangou en Corée, et sa première expérience dans une fabrique de maille, sous-traitante de marques comme Zara : « Ça m’a permis de mieux comprendre comment le marché fonctionnait. »
Très vite, Adel Choi décide de lancer ses premières créations sous son nom de scène, La Fermata, illustrant son mariage d’amour entre Paris et Séoul, qu’elle revendique comme marque de fabrique. « Quand je crée, je pense d’abord à un vêtement que je peux porter. J’aime les lignes pures, classiques, mais je déteste ressembler aux autres. En Corée, les femmes sont très attirées par les marques. Ce sont elles qui dictent leur choix. Qu’un vêtement leur aille ou non reste pour elles anecdotique ! À l’inverse, ma mode met en valeur la féminité tout en cassant le conformisme. » Ses icônes ? « Audrey Hepburn qui incarne le charme absolu, de par sa gaieté et sa drôlerie; et Sofia Coppola. »
PIECES D’EXCEPTION EN SERIE LIMITEE
Loin du tape à l’œil, les silhouettes La Fermata se dévoilent toujours en deux temps. On voit d’abord la simplicité d’une robe en georgette de soie, noire, blanche, ficelle, qui s’anime en corps à corps d’un drapé audacieux, d’un col savamment plié, d’une découpe ou d’une asymétrie qui jamais ne tombent dans l’accessoire. Ses créations délicates (pièces à partir de 200 €), intégralement réalisées en Corée dans de petits ateliers, se limitent pour l’instant à trois exemplaires… en attendant l’heure du succès.
Who's who : On la découvre chez Mercer By Edith, 39 rue de Sèvres 75006 Paris.
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