Chanel, c’est de la Bomb(ay) !
Après le défilé Paris-Byzance offert l’an passé, Mr Lagerfeld a guidé ses convives vers Bombay, en hommage aux métiers d’Arts.
Visiblement ému par le décès de son ami François Lesage, le King Karl a présenté des silhouettes comme toujours impeccables. Un bel hommage aux talents de la Maison Lesage, qui accompagne le monde de la couture depuis bientôt 8 décennies ! Une jolie façon aussi de repenser l’opulence made in Maharadjahs.
L’AMBIANCE CÔTÉ PODIUM
Loin des frasques Bollywoodiennes, la collection s’est libérée de la richesse des décors pour magnifier la saveur de l’Inde. Une prise de partie judicieuse, laissant carte blanche aux ornementations des paruriers et aux broderies de haute volée. « Ce n’est pas un show de costumes, a précisé Karl Lagerfeld, ni une rétrospective. L’Inde est pour moi une idée. Je ne sais rien de sa réalité, j’en ai une pure vision poétique. »
Une vision qui s’incarne à merveille dans l’allure de l’écossaise Stella Tennant. « Ce que j’aime dans les femmes indiennes qui achètent du Chanel, c’est qu’elles l’associe à leurs tenues. Elles ne renoncent pas à leur style, » poursuit Karl Lagerfeld.
On connaît tous les créations de la maison Lesage, un peu moins celles du parurier Desrues, à l’affiche lui aussi de cette Collection des Métiers d’Arts. Située dans l’Oise, la Maison emploie toujours près de deux cents salariés qui oeuvrent, huit fois par an, à la création de collections comportant une centaine de bijoux. A l’origine, fournisseur officiel de Madeleine Vionnet, Desrues Paris crééa aussi la première collection des boutons Chanel. Métal, verre, bois, résine, dorure, nacre, jai, rien n’est trop beau pour ses bijoux d’exception.
LES PÉPITES DU DÉFILÉ À DÉTOURNER : les rivières de perles accrochées par bandes en contour de poche et bas de manches, les bijoux de cheveux en chaîne, les slims lamés, la chemise d’explorateur, les jodhpurs surmontés d’une veste de dame loose
L’AMBIANCE BACKSTAGE
Des yeux en amande corsant l’idéal de beauté indienne d’un soupçon de rock, telle était la mission de Peter Philips, Directeur de la Création Maquillage Chanel. Son outil : l’Illusion d’Ombre Nirvana, un nouveau fard noir foncé (si, si !) bien mat, conçu pour l’occasion. Sur un teint glow comme il faut (Perfection Lumière en fond + une touche de blush Joues Contraste Brume d’Or), il n’en fallait pas plus.
Loin des poussées fiévreuses de sanguine, grenadine et coquelicot, les looks assumaient la brillance aristocratique des Maharadjahs, flirtant à l’envie entre les ors plus ou moins chauds. Et on aime ça !
LES PÉPITES MAKE-UP À DÉTOURNER : L’or est une non couleur qui en impose. Sublime lorsqu’il est fondu sur la peau (en baguette magique repulpant les pommettes), il fait vite toc si on ne maîtrise pas les jeux de transparence. La solution pour ne pas tomber dans l’overdose : l’associer au noir sur les yeux (charbon pas glacis) et le cibler sur les joues, la bouche et les ongles.
L’AMBIANCE À TABLE
Dans une galerie laissée pour compte du Grand Palais, les 200 invités se sont atablés autour d’un buffet digne des milles et une nuit (en mode East Side ). Au menu : thé aux épices, champagne et lassi à la mangue.
LES PÉPITES PARTY À DÉTOURNER : la bande son mijotée par Michel Gaubert avec en entrée, la musique de Shankar Saikishan extrait du film de Merchnat Ivory Bombay Talkie, et en dessert l’Instant Karma de Lennon. De vrais délices seventies !
Who’s Who : la Collection make-up Bombay Express sera disponible en juin dans les boutiques Chanel. .
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